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Eugène Delacroix, Femme caressant un perroquet, 1827
Autres vues :
1827
Huile sur toile
H. 24,5 ; L. 32,5 cm
Don Couturier de Royas, 1897
Inv. B 566
 
XIXe siècle
Eugène Delacroix
[Charenton-Saint-Maurice, 1798 – Paris, 1863]
Femme caressant un perroquet

Dans cette peinture de petit format, préparée par un dessin conservé dans les collections du musée, Eugène Delacroix représente une femme nue alanguie, étendue sur des draperies chatoyantes, caressant un perroquet.

Peut-être prend-il pour modèle Mlle Laure, une jeune femme qui pose alors pour lui au même moment pour l’une des figures de son grand tableau de La Mort de Sardanapale  (1827, Paris, musée du Louvre) et pour  La Grèce sur les ruines de Missolonghi (1826, Bordeaux, musée des Beaux-Arts).

Si cette œuvre évoque l’image d’une odalisque, thème très apprécié des artistes du XIXe siècle, le monde oriental n’est cependant ici que suggéré, à travers la richesse des tentures, le divan sur lequel elle est étendue, le bracelet entourant son poignet et le perroquet exotique. Le peintre refuse les accessoires anecdotiques et le pittoresque pour privilégier le travail de la couleur. Avec virtuosité, celle-ci se réduit presque ici aux trois primaires, qu’il magnifie par les combinaisons qu’il propose entre elles et le jeu des reflets. Dès le début de sa carrière, Delacroix s’impose ainsi comme un maître du travail sur la couleur dans la droite ligne des peintres vénitiens du XVIe siècle comme Véronèse, couleur qu’il privilégie sur la tradition classique du dessin.