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La Lecture
Autres vues :
1877
Huile sur toile
H. 97 ; L. 130 cm
Acquis en 1901
Inv. B 628
 
XIXe siècle
Henri Fantin-Latour
[Grenoble, 1836 – Buré (Orne), 1904]
La Lecture

Deux jeunes femmes sont réunies dans un intérieur. L’une lit, l’autre semble absorbée dans une rêverie ou par l'attention portée à la lecture. À droite de la scène, un vase de fleurs est posé sur un tapis : ces éléments décrits avec précision et virtuosité offrent un contraste avec le décor simple et austère sur lequel se détachent les silhouettes sombres des deux personnages, éclairés par une lumière zénithale. Ce jeu d’oppositions entre l’obscurité et la lumière, le mur nu et les détails du tapis, le profil et la face, la connivence et la solitude, l’austérité et la richesse, constitue la clé de cette œuvre.

Bien que les deux femmes partagent ici une même activité et soient associées par la composition, elles semblent absentes l’une à l’autre. Le temps est suspendu, pour suggérer la complexité des rapports humains, fréquemment sous-entendue dans les portraits réalisés par Fantin-Latour. Comme souvent, on peut reconnaître dans ses tableaux des membres de son entourage familial qui constituent ses modèles favoris, ici sa belle-sœur Victoria Dubourg placée à gauche.

On retrouve dans cette œuvre une référence marquée aux scènes d’intérieur hollandaises du XVIIe siècle, telles celles de Vermeer, alors redécouvertes depuis peu de temps, tout aussi immobiles et silencieuses.

 
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