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Jean Auguste Dominique Ingres, L’Arétin et l’envoyé de Charles Quint, 1848
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Acquis avec le soutien du Club du musée Saint-Pierre, du Cercle Poussin, du FRAM – Fonds régional d’acquisition pour les musées (Ministère de la Culture-DRAC, Région Rhône-Alpes) et d’une souscription publique, 2012
1848
Huile sur toile
H. 41,5 ; L. 32,5 cm
Inv. 2013.1.1
 
XIXe siècle
Jean Auguste Dominique Ingres
[Montauban, 1780 – Paris, 1867]
L'Arétin et l'envoyé de Charles Quint

Ce tableau de petit format représente un épisode sans doute légendaire de la vie de Pietro Aretino (1492-1556), dit l’Arétin. Les pamphlets rédigés par ce célèbre écrivain de la Renaissance, installé à Venise, étaient particulièrement redoutés par les rois et les puissants de son temps. Afin d’acheter son silence à la suite d’un échec militaire, l’empereur Charles Quint lui aurait fait adresser une chaîne en or, que l’Arétin, négligemment assis dans un fauteuil, soupèse ici avec dédain. Il aurait pour toute réponse répliqué à l’envoyé impérial, qui porte la main à son épée, outré de tant d’insolence, qu’il s’agit là « d’un bien mince cadeau pour une si grande sottise ».

Par le choix de ce sujet, Ingres affirme l’indépendance du créateur face aux puissants. Il témoigne également du grand succès dans la première moitié du XIXe siècle des représentations d’épisodes de la vie des peintres ou des écrivains du passé, illustrés sur un mode anecdotique. Ainsi, il joue du décor dans lequel il place sa composition pour évoquer l’histoire de la peinture, en plaçant en arrière-plan, sur la gauche, un autoportrait de Titien, artiste très apprécié par l’Arétin. À l’opposé, deux jeunes femmes nues observent la scène en écartant un pan du rideau du lit : elles font référence à la vie licencieuse de l’Arétin, qui semble avoir été surpris en galante compagnie.