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Louis Janmot, Fleur des champs, 1845
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1845
H. 103 ; L. 83 cm
H. 103 ; L. 83 cm
Acquis en 1893
Inv. B 502
 
XIXe siècle
Louis Janmot
[Lyon, 1814 - Lyon, 1892]
Fleur des champs

Cette figure de femme à l’attitude mélancolique, assise devant un paysage et tenant des fleurs fraichement cueillies, cultive le mystère. La précision avec laquelle le peintre a représenté son visage pourrait laisser penser à un portrait. L’identité de son modèle demeure toutefois inconnue et ses traits semblent à la fois réalistes et idéalisés.

En observant de près le vêtement de la jeune femme, on peut remarquer que le drapé de son vêtement évoque bien plus les portraits peints par Léonard de Vinci ou Raphaël à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que les habits des femmes du XIXe siècle. Cette référence à l’art de la Renaissance est renforcée par le choix d’un support de bois (et non d’une toile), suivant l’exemple de ces mêmes peintres anciens.

À l’arrière plan, au loin, les reliefs montagneux du Bugey ouvrent la profondeur de l’espace vers les Alpes. Autour du personnage, des fleurs représentées avec un soin méticuleux renvoient à la tradition de la peinture de fleurs à Lyon au XIXe siècle. À la différence de la plupart de ses collègues, le peintre préfère ici les espèces sauvages aux cultivées. Derrière l’apparente simplicité d’une image naturaliste se dessine alors une autre intention de la part de l’artiste : celle, peut-être, d’une allusion à la déesse antique Flore, mais aussi une invitation à la méditation sur le temps qui passe. En effet, les fleurs des champs, tout comme les papillons que regarde la jeune femme, sont éphémères et la conscience de ce destin baigne le tableau de mélancolie.