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1706
Huile sur toile
H. 393 ; L. 663 cm
Envoi de l'Etat, 1811
Inv. A 205
 
XVIIe siècle
Jean-Baptiste Jouvenet
[Rouen, 1644 – Paris, 1717]
Le Repas chez Simon

Avec Les Marchands chassés du temple (musée de Lyon), la Résurrection de Lazare et La Pêche miraculeuse (Paris, musée du Louvre), cette immense toile ornait la nef du prieuré bénédictin de Saint-Martin-des-Champs à Paris. La série presque achevée fut présentée à Louis XIV en juillet 1705. Séduit, le roi en commanda la transcription en tapisserie.

Jouvenet a traité cet épisode de l'Évangile selon saint Luc comme un récit épique. Jésus, assistant à un repas chez Simon le Pharisien, voit une femme, les cheveux défaits, s'agenouiller devant lui et oindre ses pieds de parfum. Comme Simon reproche à Jésus de se laisser toucher par une courtisane, ce dernier lui répond qu'il lui pardonne ses nombreux péchés parce qu'elle a manifesté beaucoup d'amour.

La composition en frise avec son jeu savant de diagonales crée un effet d'ensemble imposant. Une multitude de personnages aux visages et aux gestes expressifs, aux anatomies vigoureuses et massives, s'agite en tous sens. Seule sainte Madeleine semble statique dans cette composition où le peintre et sa famille apparaissent à la tribune de droite pour prendre le spectateur à témoin. Les coloris, simples et éclatants, prouvent, en ce début du XVIIIe siècle, l'incontestable triomphe des " rubénistes " dans la peinture française sur les " poussinistes ", tenants de la primauté du dessin.