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Etude pour une corrida n° 2
 
© ADAGP Paris 2007
1969
Huile sur toile
H. 198,3 ; L. 147,5 cm
Legs Jacqueline Delubac, 1997
Inv. 1997-20
 
XXe siècle
Francis Bacon
[Dublin, 1909 - Madrid, 1992]
Etude pour une corrida n° 2

Fasciné par la figure humaine depuis son entrée sur la scène artistique britannique avec le Triptyque de 1944 , Bacon s'intéresse également au tableau "à sujet". En 1969, il peint trois études pour une corrida. Ce thème a pu lui être suggéré par son ami, l'écrivain Michel Leiris, auteur de livres sur la tauromachie ou encore par Picasso auquel il s'est si souvent référé dans son œuvre. Isolés dans un rond comme sur une piste, le torero et le taureau sont représentés affrontés dans l'arène. Le mouvement est suggéré par un jeu de courbes qui, sur le sol ou dans les airs, évoquent le tournoiement de la bête et les voltes de la muleta. Eliminant tout récit, Bacon donne une expression "strictement physique du jeu taurin" (Leiris). Si dans le tableau de Lyon, le grand aplat orange qui structure l'espace comporte encore un panneau ouvert où l'on aperçoit une foule, dans une autre version à la composition inversée, Bacon a fermé ce panneau. Traitées dans les mêmes tonalités de brun et de mauve, les deux figures sont indissociables l'une de l'autre. L'artiste a fait subir des déformations au corps du torero : en brossant et en nettoyant la toile, il a fait perdre à la tête sa forme humaine, lui donnant en retour des traits d'animalité. Le carré rouge qui domine la foule, frappé d'un cercle et surmonté d'une forme qui ressemble à un rapace, a été souvent rapproché d'un emblème nazi, issu de ces photographies d'actualité que Bacon collectionnait et qui jonchaient le sol de son atelier.

 
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