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© ADAGP Paris 2007
1911
Huile sur toile
H. 72 ; L. 59,5 cm
Don Raoul Laroche, 1954
Inv. 1955-3
 
XXe siècle
Georges Braque
[Argenteuil, 1882 - Paris, 1963]
Violon

Ce violon peint au printemps 1911 se rattache à la période du cubisme analytique, dont le langage visuel devient de plus en plus difficile à déchiffrer. Braque désarticule les éléments de la composition pour les distribuer dans un jeu complexe de plans. Les formes sont fragmentées en une multitude de facettes lumineuses. La couleur traitée en camaïeu est réduite presque exclusivement à des gris, ocres et bruns. Dans cette entreprise de fragmentation radicale des objets et de démantèlement des procédés classiques de représentation, Braque entend préserver une sorte de continuité spatiale, assurée par les contours et la lumière qui permettent aux objets de fusionner dans un espace synthétisant.

Dernier rallié au fauvisme, Braque est aussi l'un des premiers à s'en éloigner pour recueillir la leçon de Cézanne. En 1907, il est particulièrement marqué par sa rencontre avec Picasso au moment où ce dernier travaille aux Demoiselles d'Avignon (New York, MoMA). S'engageant dès 1908 avec lui dans une relation qu'il décrira comme "une cordée en montagne", il opère une décomposition progressive des objets et des figures.

Flûtiste, violoniste à l'occasion, amateur éclairé de musique, Braque est le premier à introduire dans l'iconographie cubiste des instruments de musique. Dans cette composition, il associe pour la première fois un instrument au format ovale qu'il utilise depuis le printemps 1910. Avec Picasso, il fera par la suite un usage quasi systématique de cet espace sans angles.