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Acquisitions 2014


Philippe Auguste Hennequin (1762-1833), La Rébellion lyonnaise terrassée par le génie de la Liberté, esquisse, 1794

Huile sur bois, H. : 46,5 cm, L. : 66,5 cm
Acquis en 2014



Cette esquisse constitue un rare témoignage de la vie artistique à Lyon durant la période révolutionnaire. En 1793, la ville se soulève contre la Convention et le régime de la Terreur. En réponse, elle est assiégée par l’armée et doit capituler ; elle subit alors une répression très sévère. Fervent partisan des idées révolutionnaires, Hennequin propose à cette occasion à la commission chargée de l’administration de la cité de réaliser un tableau qui célèbrerait l’écrasement de la révolte, destiné à être accroché dans la Maison commune. Il réalise cette esquisse pour faire approuver son projet, qu’il expose quelque mois plus tard à Paris lors du concours de l’an II. S’il reçoit une commande, les événements politiques, en particulier la chute de Robespierre et l’avènement du Directoire, viennent mettre fin à la réalisation du tableau dont le format était prévu monumental, malgré les protestations de l’artiste. Le dessin très graphique des drapés et les attitudes des figures dans cette esquisse sont caractéristiques du style de Hennequin, pour la carrière duquel cette œuvre constitue un jalon important.

Hippolyte Flandrin (1809-1864), Gustave Louis Chaix d’Est-Ange, 1844 

Huile sur toile, H. : 180 cm, L. : 120 cm
Don en 2014 de Monsieur et Madame Jean-Baptiste de Proyart


Le modèle de ce portrait, exposé au Salon de 1845, est une personnalité importante du monde judiciaire et politique, de la Restauration au Second Empire. Gustave Louis Chaix d’Est-Ange (1800-1876) construit sa réputation d’avocat en défendant plusieurs accusés dans des affaires politiques, avant d’occuper de 1842 à 1844, date de la réalisation de ce tableau, les fonctions de bâtonnier de l’ordre au barreau de Paris. Il sera par la suite député, procureur général auprès de la Cour d’appel de Paris, conseiller d’État, sénateur. Il réunit par ailleurs une importante collection d’art, pour partie donnée au musée de l’hôtel Sandelin à Saint-Omer par sa petite-fille.

Le sens du dessin montré ici par Flandrin dans ce portrait se réfère à la leçon de son maître Ingres. Toutefois, il s’en écarte par un hiératisme formel propre à son travail des années 1840, associé à un modelé précis et une gamme chromatique réduite. Par le choix d’une composition en pied, l’artiste se rattache aux grands exemples du portrait d’apparat, tel Van Dyck. Le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve un ensemble de référence pour la connaissance de l’œuvre d’Hippolyte Flandrin, que vient compléter ce nouveau tableau.


Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898), Étude pour Vision antique, vers 1885

Aquarelle sur traits de crayon graphite sur papier, H. : 19,2 cm, L. : 24,4 cm
Acquis en 2014


Vision antique constitue l’une des quatre compositions réalisées par Pierre Puvis de Chavannes pour le décor de l’escalier du musée des Beaux-Arts de Lyon. Alors que celui-ci venait d’être nouvellement aménagé par l’architecte Abraham Hirsch, la commission consultative du musée prit en 1883 la décision de confier au peintre les murs du second étage. Le programme iconographique allie une évocation des arts à celle de la ville.

Dans Vision antique, Puvis de Chavannes crée l’image d’une Grèce idéale, dans laquelle un jeune berger joue de la flûte, écouté par des femmes qui viennent chercher de l’eau. Au bord de la mer, des cavaliers galopent sur la plage et forment une frise qui évoque la cavalcade des Panathénées du Parthénon.

De nombreux dessins préparatoires sont connus pour cette composition. Cependant, par l’emploi de l’aquarelle, ce dessin se détache parmi cet ensemble. Si les lignes générales de la composition finale sont ici déjà présentes, en particulier dans la disposition du groupe des femmes au premier plan et dans la cavalcade en bord de mer, de nombreux changements seront néanmoins opérés. La grande liberté dont l’artiste fait preuve ici, construisant un paysage presque irréel et onirique, tranche sur sa pratique plus classique du dessin.


… Les figures vêtues à l’antique composent une atmosphère poétique et élégiaque. … envers qui il voue une grande admiration. … à travers une série de paysages qu’il peut être convenu de placer sous le vocable de « solitudes »