fermer la fenêtre
Musee des Beaux-Arts de Lyon - Accueil

Commentaires

Auto porte-traits

J’ai entrouvert la porte d’un trait de mon pinceau
D’une drôle de place-forte, et linceul et berceau.
Dans ce tableau se mirent les facettes changeantes
De mes rêves et désirs et de mes morts latentes,

De mes voyages d’artiste vers d’essentiels rivages,
De ma quête intimiste, et de mon entourage,
De mon évanescence, et mon aspiration
A la reconnaissance de mon être profond.

J’esquisse le portrait d’un paysage enfoui :
Mon âme, trait pour trait, je t’épouse d’un oui !
J’expose ma nudité, dans cet homme habillé ;
J’étreins l’éternité, dans mon propre reflet.

Les couleurs s’animent dans cette œuvre sincère ;
Se créé mon homonyme, et cette momie opère
Comme un miroir pour toi. Mon regard transperce
Ton armure et va droit au cœur de tes traverses.

Les sons et les parfums tournent dans cet espace :
Toi et moi avons faim de cette rencontre fugace.
Un brin d’humanité dans ce lien posthume
Dénué de vanité, en vérité s’allume.

L’auto-portrait se mue en galerie des glaces :
Le spectateur remue, interpelle ou agace,
Resculpte son visage, face à celui de l’autre,
Métamorphose l’image de ce nouvel apôtre.

Le visiteur s’enduit d’un supplément d’envie ;
Le peintre ainsi poursuit sa quête inassouvie.
L’inédit se produit, au-delà de la vie…














 
imprimer