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Le musée au XXe siècle

Le tournant du siècle

En ce début de siècle, le musée fait figure de précurseur ─ hors Paris ─ en acquérant des toiles impressionnistes (E. Degas, Le Café-concert des Ambassadeurs, P. Gauguin, Nave Nave Mahana). Les œuvres d'artistes confirmés, tels J. Chinard (Juliette Récamier), Th. Géricault (La Monomane de l'Envie) ou A. Rodin auquel le musée achète cinq sculptures (La Tentation de saint Antoine), compensent ces choix audacieux.

L'entre-deux-guerres

Les collections s'ouvrent à l'art extrême-oriental et aux arts décoratifs modernes. Pendant cette période, plusieurs institutions et collections quittent le Palais Saint-Pierre : le muséum d'Histoire naturelle en 1914 et l'Ecole des Beaux-Arts en 1935 ; en 1921, les œuvres liées à l'histoire de Lyon sont transférées vers le nouveau musée de Gadagne. L'église désaffectée est dévolue aux sculptures des XIXe et XXe siècles.

Affiche de l'exposition, Fernand Léger, 1955
Affiche de l'exposition, Fernand Léger, 1955

Les grandes expositions

Après-guerre, des rétrospectives consacrées à des artistes modernes, tels P. Picasso ou H. Matisse, permettent des acquisitions majeures (M. Larionov, Portrait d'un athlète). Le fonds s'enrichit aussi de dons (Chambre Guimard).
A la fin des années 1960, le départ des antiquités nationales vers le nouveau musée de la Civilisation gallo-romaine et le transfert de la galerie égyptienne du musée Guimet de Lyon bouleversent les collections. Plus récemment, le musée d'art contemporain quitte le Nouveau Saint-Pierre (aile construite vers 1860 par l'architecte T. Desjardins).

La dernière rénovation 1990-1998

En 1989, une réflexion sur l'état et les missions du musée aboutit à un vaste projet de rénovation (ville de Lyon - Etat dans le cadre de la Mission des Grands Travaux). Le conservateur Ph. Durey et les architectes Ph.-Ch. Dubois et
J.-M. Wilmotte entreprennent une restructuration complète du bâtiment. Les travaux sont réalisés en cinq tranches, de 1990 à 1998, afin de ne jamais fermer au public. La surface couvre 14 500 m2 et les collections occupent 70 salles. Le musée des Beaux-Arts regroupe le Palais Saint-Pierre, l'église et le Nouveau Saint-Pierre.


Le legs Jacqueline Delubac

En 1997, la prestigieuse collection de J. Delubac (P. Picasso, Femme assise sur la plage) enrichit considérablement le fonds.Le legs de Jacqueline Delubac est en fait constitué de deux collections bien distinctes.
- Les tableaux, pastels et sculptures du XIXe siècle proviennent de la collection de son second mari, Myran Eknayan ;
- et les œuvres du XXe siècle, vers lequel ses goûts la portaient davantage, ont été acquises par la comédienne.

Groupé selon le désir de la donatrice dans trois salles du deuxième étage du musée, le legs de Jacqueline Delubac apparaît comme l’une des plus importantes libéralités dont les musées français aient bénéficié depuis 1945. Il vient compléter de façon exceptionnelle les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon, désormais pourvu de la première collection impressionniste en province (4 Monet, 5 Manet, 5 Degas entre autres). Quant au fonds moderne du musée, encore trop méconnu, il s’enrichit de façon considérable : Picasso et Bacon, deux des peintres les plus importants du XXe siècle sont désormais représentés à leur juste mesure hors de Paris.