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Le métier de responsable d'atelier de menuiserie

Christian Dufournel, chef de l'atelier technique du musée


Christian Dufournel, qui êtes-vous ?

Je suis chef de l'atelier technique du musée des Beaux-Arts de Lyon depuis 1996 et travaille au sein de l'équipe depuis 1981.

Pourquoi le musée des Beaux-Arts dispose-t-il d'un atelier technique ?

L'atelier est indispensable à la vie du musée. Il compte actuellement sept agents, pour l'essentiel menuisiers-ébénistes, qui assurent l'ensemble des travaux et éléments nécessaires à la muséographie.

En plus de 25 ans, j'ai vu évolué l'atelier tant au niveau de ses missions que de son ampleur. Avec la rénovation du musée, dans les années 1990, notre travail s'est davantage centré sur la fabrication du mobilier d'exposition. Parallèlement, les progrès techniques, avec des outils de plus en plus perfectionnés (cloueur pneumatique, scie à panneaux…), ont aussi contribué à l'évolution de nos métiers. Grâce à un logiciel informatique, par exemple, nous optimisons le débit des plaques de bois nécessaires à la fabrication des vitrines ou des cloisons des expositions.

Quelles sont vos missions au musée ?

Le plus gros de notre travail est lié au montage des expositions, deux grands événements par an au musée des Beaux-Arts, plus deux à trois accrochages qui animent les collections permanentes.

Je travaille avec l'architecte-muséographe choisi par le conservateur-commissaire de l'exposition, et nous évaluons la faisabilité matérielle du projet. Nous travaillons à partir du plan de scénographie, qu'il nous fournit et créons par la suite nos propres outils de travail (le tracé au sol, le plan sur règle, etc.). Nous réalisons notamment une fiche de débit qui permet de prévoir le nombre de cloisons nécessaires dans chaque salle. Pour vous donner un ordre d'idée, dans l'exposition 1945-1949 Repartir à zéro, comme si la peinture n'avait jamais existé, nous avons pu recycler 60 mètres de cloisons issues de précédentes expositions et avons acheté 20 plaques de contreplaqué de 18 millimètres et une vingtaine de plaques de médium de diverses épaisseurs.

Le montage d'une exposition, ça signifie aussi les encadrements de tableaux (menuisiers de formation, on est capable de fabriquer des cadres sur mesure), le soclage de certains objets, le transport et l'accrochage des tableaux…

Et en dehors des expositions ?

J'attribue des missions spécifiques aux différents membres de l'atelier. Par exemple, une partie de l'équipe travaille sur la fabrication du mobilier de l'exposition à venir, alors que d'autres gèrent les missions quotidiennes, telles que les décrochages, ré-accrochages ou mouvements d'œuvres.

L'équipe s'occupe également de la signalétique du musée et de l'aménagement des bureaux : pose de cloisons, fabrication de rayonnages, de divers mobiliers, de panneaux d'information pour le visiteur…

Et il faut aussi s'occuper des fournitures. Par exemple, pour la préparation de l'exposition 1945-1949 Repartir à Zéro, j'ai eu des contacts avec un fournisseur de bois, un autre de matériel électrique, trois quincaillers, un vitrier, un peintre, et même un vendeur de moquette ! Voir le montage de l'exposition repartir à zéro.


Comment s'organisent vos journées ?

Nous travaillons pour le public et devons donc organiser notre travail en fonction des horaires d'ouverture des salles. Nous gérons les priorités entre 7h30 et 10h, ainsi que le mardi, jour de fermeture du musée : mouvements d'œuvres dans le cadre des prêts, des restaurations ou des prises de photos, vérification de l'ensemble des 6500 points lumineux du musée, etc. On doit respecter un véritable protocole. Le simple mouvement d'une œuvre peut déséquilibrer toute une salle : éclairage, dimensions du tableau à réétudier… Nous devons tenir compte de toutes ces données pour que l'espace soit prêt à l'accueil du public.

Comme vous le voyez, nous sommes constamment sollicités ; en dehors des heures d'ouverture, le musée est une véritable fourmilière. Et pour cause dans un musée de 14 500 m2 !

A titre plus personnel, parlez-nous d'un de vos "coups de cœur" dans le musée ?

Je suis passionné de jazz. Aussi le tableau d'Henri Hayden, Le jazz-band, accroché dans les salles d'Art moderne, me touche particulièrement. Il me rappelle la lecture d'un livre sur la vie tumultueuse du musicien Milton "Mezz" Mezzrow, que j'ai beaucoup aimé.