fermer la fenêtre
La Vague
Autres vues :
1869
Huile sur toile
H. 66 ; L. 90 cm
Acquis en 1881
Inv. B 295
 
XIXe siècle
Gustave Courbet
[Ornans, 1819 – La Tour de Peilz (Suisse), 1877]
La Vague

« Courbet a tout simplement peint une vague, une vraie vague déferlant sur le rivage ». Ce commentaire d’Émile Zola en 1870 traduit la volonté du peintre de saisir dans cette vue d’une mer en furie la réalité de la nature dans toute sa puissance et sa force.

Par sa simplicité, le motif retenu se distingue des représentations traditionnelles de marine ou de bord de mer, plus pittoresques. Aucune présence humaine n’anime cette composition, ni même aucun détail du rivage : le cadrage est audacieusement resserré sur la vague seule, menaçante. La matière picturale épaisse est posée avec vigueur à la brosse ainsi que, par endroits, au couteau. L’artiste donne ainsi à sentir le mouvement et l’énergie de la vague. La ligne d’horizon ne relie pas, mais oppose le haut et le bas, la mer et le ciel. La palette de couleurs explore un large spectre de teintes de vert, tandis que le ciel est composé de tons sourds.

Cette œuvre s’inscrit dans une série de vagues peintes en 1869 par Courbet. L’artiste loue pour l’été une maison à Étretat, sur la côte normande, où il débute certaines de ces compositions sur le motif. Il les retravaille ensuite de mémoire dans son atelier à Paris et les enrichit alors de son univers propre : par analogie avec les falaises de son Doubs natal, la vague devient presque minérale et se dresse comme une crête rocheuse.

 
imprimer