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1844
Huile sur toile
H. 260 ; L. 348 cm
Envoi de l'Etat, 1860
Inv. A 2928
 
XIXe siècle
Eugène Delacroix
[Saint-Maurice, 1798 - Paris, 1863]
Dernières paroles de l'empereur Marc Aurèle

Au centre de cette grande composition, un vieil homme malade s'agrippe au bras d'un jeune homme vêtu de rouge, à l'allure et au regard insolents. L'atmosphère est lourde. Autour d'eux, des hommes tristes et sérieux ferment l'espace et assistent avec compassion à cette confrontation.

Chef de file du romantisme en peinture, travaillant la couleur vive et le geste, Eugène Delacroix choisit pourtant un sujet classique. Le peintre représente ici les dernières heures de la vie de l'Empereur romain Marc Aurèle. Il rejoint ainsi la grande tradition de la peinture d'histoire.

La scène représentée annonce la fin de l'Empire romain : dédaignant l'exemple de son père philosophe, ne vivant que pour son propre plaisir, Commode deviendra un empereur tyrannique, provoquant la chute de la puissance romaine. Rien de moral cependant dans cette œuvre ; malgré les apparences, tout y est ambigu. N'est-ce pas le jeune homme et son vêtement lumineux qui apporte vie et mouvement ? Fasciné par les couleurs vives aperçues dans les villes et paysages du Magreb où il avait séjourné en 1832, le peintre ne veut-il pas éclaircir sa palette en délaissant les couleurs sombres qui dominent trop souvent la peinture de son temps ?

Exposée au Salon de Paris de 1845, l'œuvre fut assez froidement reçue par les critiques à l'exception de l'écrivain Charles Baudelaire qu'elle enthousiasma : " Un tableau splendide, magnifique, sublime, incompris. La couleur, loin de perdre son originalité cruelle dans cette scène nouvelle et plus complète, est toujours sanguinaire et terrible. "