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Huile sur toile
H. 303 ; L. 380 cm
Envoi de l'Etat, en 1875
Inv. X 921-a
 
XIXe siècle
Paul Chenavard
[Lyon, 1807 - Paris, 1895]
La Palingénésie sociale (esquisse)

Au lendemain de la révolution de 1848, Paul Chenavard reçoit la commande du décor intérieur du Panthéon, que l'on souhaitait alors transformer en temple de l'humanité. L'artiste s'engage à représenter les principales étapes de "la marche du genre humain dans son avenir à travers les épreuves et les alternatives de ruines et de renaissance", désignée aussi par le terme de palingénésie. Pour mettre en œuvre cette conception cyclique largement inspirée de la philosophie de l'histoire de Hegel, Chenavard prévoit de recouvrir les murs de 60 immenses peintures en grisaille retraçant des moments historiques significatifs depuis le chaos jusqu'à la Révolution française (plusieurs peintures sont présentées dans la chapelle du musée), tandis que les sols recevraient d'autres scènes traduites en mosaïque. Installée sous la coupole, la principale mosaïque devait représenter La Palingénésie sociale où Chenavard tente le "résumé impartial de toutes les traditions religieuses". Cette composition circulaire qui comporte plus de 150 personnages ou symboles très marqués par les idées franc-maçonnes se divise en trois registres : Le Passé dominé par la divinité suprême, Le Présent, avec au centre d'un portique une image syncrétique des différentes religions, L'Avenir enfin (à l'emplacement de la partie coupée) devait représenter le retour du chaos, prélude à la renaissance d'une humanité supérieure. La composition de Chenavard, ancien élève d'Ingres, est étroitement tributaire des modèles classiques (l'influence de La Dispute du saint Sacrement et de L'Ecole d'Athènes de Raphaël est manifeste). Le coup d'Etat de 1851, à l'issue duquel le Panthéon redevint immédiatement une église catholique, allait sonner le glas des ambitions de l'artiste, qui fidèle aux idéaux de 1848, ne se remit jamais de cet échec.