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1835
Huile sur toile
H. 295 ; L. 245 cm
Envoi de l'Etat, en 1837
Inv. A 21
 
XIXe siècle
Hippolyte Flandrin
[Lyon, 1809 - Rome, 1864]
Le Dante, conduit par Virgile, offre des consolations aux âmes des Envieux

La scène représentée est tirée de la Divine comédie de Dante. A la différence de la plupart des artistes inspirés par ce chef-d'œuvre de la littérature italienne, Flandrin évite le pathétique de l'Enfer, préférant la consolation du Purgatoire. Accompagné de son guide le poète Virgile, Dante s'entretient avec les âmes des Envieux, aveugles de corps et d'esprit. Penché vers l'un d'eux, il écoute avec compassion le récit de ses péchés. Les Envieux, peints en grisaille, se fondent presque dans la paroi rocheuse à laquelle ils sont adossés. Dante est du côté des vivants, des corps de chair habillés d'étoffes aux tons soutenus. Cette répartition des coloris facilite la lisibilité de la composition et l'intelligence du sujet.

Le choix du thème traduit l'influence du milieu de la Renaissance catholique à Lyon, mais le motif de la cécité peut également être mis en rapport avec les graves troubles oculaires dont souffre Flandrin en 1834.

Peint à Rome, alors que Flandrin est élève de l'Académie de France, le tableau révèle déjà -par le format, la difficulté du sujet et l'ambition - le talent du jeune artiste. Très favorablement accueilli lors de sa présentation au Salon de Paris, la toile obtient une médaille d'or de 2e classe.