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1832
Huile sur toile
H. 307 ; L. 205 cm
Dépôt de l’État, 1885
Inv. B 376
 
XIXe siècle
Victor Orsel
[Oullins, 1795 – Paris, 1850]
Le Bien et le Mal

Ce tableau de grand format, empreint de symbolisme religieux, développe l’histoire de deux jeunes filles qui personnifient deux principes : le Bien et le Mal. De part et d’autre d’une allégorie centrale, une succession de petites saynètes décrit, en les opposant, leurs parcours respectifs. La première, vêtue de vert, représentée sur la gauche, suit une voie de sagesse et de vertu, qui lui assure une vie sereine et heureuse. À droite, la seconde se laisse tenter par la passion et s’engage dans ce qui est décrit comme une vie dissolue, cédant aux avances d’un chevalier, qui la délaisse après la naissance d’un enfant. Rejetée par sa famille, elle se pend. Les symboles, ornements et formules latines accentuent le message.

Par le choix du format, cintré dans sa partie supérieure, l’utilisation de fonds d’or et la juxtaposition de plusieurs scènes d’une même histoire, Victor Orsel reprend volontairement certaines caractéristiques des tableaux d’église de la fin du Moyen Age et des débuts de la Renaissance. Pourtant, cette œuvre ne répond à aucune commande religieuse, mais ambitionne de produire une grande peinture à caractère moral et chrétien. Désireux de mettre son art au service d’un renouveau religieux, l’artiste lyonnais s’oriente vers une conception formelle et spirituelle de la peinture marquée par l’exemple des peintres italiens du XVe siècle et d’un groupe d’artistes allemands rencontrés à Rome, les « Nazaréens ». Manifeste de cette nouvelle esthétique, cette œuvre sera présentée au Salon de Paris en 1833.