Ce tableau de grand format, empreint de symbolisme religieux, développe
l’histoire de deux jeunes filles qui personnifient deux principes : le
Bien et le Mal. De part et d’autre d’une allégorie centrale, une
succession de petites saynètes décrit, en les opposant, leurs parcours
respectifs. La première, vêtue de vert, représentée sur la gauche, suit
une voie de sagesse et de vertu, qui lui assure une vie sereine et
heureuse. À droite, la seconde se laisse tenter par la passion et
s’engage dans ce qui est décrit comme une vie dissolue, cédant aux
avances d’un chevalier, qui la délaisse après la naissance d’un enfant.
Rejetée par sa famille, elle se pend. Les symboles, ornements et
formules latines accentuent le message.
Par le choix du format,
cintré dans sa partie supérieure, l’utilisation de fonds d’or et la
juxtaposition de plusieurs scènes d’une même histoire, Victor Orsel
reprend volontairement certaines caractéristiques des tableaux d’église
de la fin du Moyen Age et des débuts de la Renaissance. Pourtant, cette
œuvre ne répond à aucune commande religieuse, mais ambitionne de
produire une grande peinture à caractère moral et chrétien. Désireux de
mettre son art au service d’un renouveau religieux, l’artiste lyonnais
s’oriente vers une conception formelle et spirituelle de la peinture
marquée par l’exemple des peintres italiens du XVe siècle et d’un groupe
d’artistes allemands rencontrés à Rome, les « Nazaréens ». Manifeste de
cette nouvelle esthétique, cette œuvre sera présentée au Salon de Paris
en 1833.
XIXe siècle
Victor Orsel
[Oullins, 1795 – Paris, 1850]
Le Bien et le Mal
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