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© ADAGP Paris 2007
1923
Huile sur carton
H. 42 ; L. 31 cm
Acquis en 1936
Inv. 1956-24
 
XXe siècle
Alexei von Jawlensky
[Torschok (Russie), 1864 - Wiesbaden, 1941]
Tête de femme "Méduse", Lumière et Ombre

Les premières années de sa création, le peintre expressionniste d'origine russe Jawlensky accorde une importance primordiale au visage. Il en fait son sujet exclusif à partir de 1917. La Méduse s'inscrit dans la suite des Têtes mystiques et des Faces du Sauveur qui préludent son retour en Allemagne en 1921, après son exil forcé pendant la Première Guerre mondiale. Le sous-titre de l'œuvre indique le désir de l'artiste de s'éloigner d'une représentation trop narrative.

Le visage, légèrement décentré, occupe toute la surface du tableau. Les yeux en amande sont disproportionnés. Leur position, juste en dessous du cadre, leur donne une grande force plastique. Contrairement à d'autres œuvres telles que les Faces du Sauveur aux yeux clos où Jawlensky atteint presque à l'abstraction, l'expression du regard aux yeux dilatés évoque ici le pouvoir pétrifiant de Méduse, à laquelle fait aussi allusion le traitement stylisé de la chevelure. Comme d'autres de ses contemporains, Jawlensky est fasciné par l'art des icônes. Il leur emprunte la codification des traits du visage, réduits à quelques signes essentiels peints en noir, et isole par un trait sombre le tableau de son environnement. Le peintre, comme Gontcharova et Kandinsky, frappé par l'emploi des couleurs pures et contrastées de ces images sacrées, réalise des figures d'une rare intensité chromatique.