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Jeune femme en blanc, fond rouge (Modèle allongé, robe blanche)
H. Matisse, Modle allong, robe blanche, 1946, muse des Beaux-Arts de Lyon (c) Succession Henri Matisse
Autres vues :
© Succession H. Matisse, 2007
1946
Huile sur toile
H. 92 ; L. 72,5 cm
Dépôt du Musée national d'art moderne-Centre Georges Pompidou.
Inv. 1993-35 (AM 1991-273)
 
XXe siècle
Henri Matisse
[Le Cateau-Cambrésis, 1869 - Nice, 1954]
Jeune femme en blanc, fond rouge (Modèle allongé, robe blanche)

En 1943, Matisse quitte Nice et les ateliers de l'hôtel Régina pour s'établir à Vence dans la villa Le Rêve. Après la "floraison" des dessins des années 1941-1942, auquel se rattache l'album Thèmes et variations dont le musée conserve une série, vient le temps d'un autre cycle en peinture. De 1946 à 1948, Matisse se consacre à la série des Intérieurs dont notre tableau peut être rapproché et qui lui donne un prétexte pour explorer une nouvelle fois le domaine de la couleur. Le modèle d'origine haïtienne nous est connu par les photographies du livre de Louis Aragon, Henri Matisse, roman (1971) et par le film de François Campaux (1945-1946) montrant précisément l'artiste en train de peindre ce tableau. Disposée selon la diagonale du tableau, la jeune femme est vue en perspective plongeante dans un espace qui semble se dilater à partir du rectangle noir marquant l'emplacement de la porte dans le bord supérieur gauche. Assise dans un bergère recouverte d'un tissu rayé, elle est allongée sur une fourrure gris clair tachetée de brun qu'Aragon décrit comme le revers d'un "manteau doublé de tigre blanc du Tibet". Alors qu'il parvient à résoudre enfin le conflit entre le dessin et la couleur, Matisse donne une nouvelle conception de l'espace défini par les seules ressources de la couleur. Femme en blanc est l'une des dernières peintures de chevalet exécutées par l'artiste avant qu'il ne se consacre au projet de la chapelle de Vence et à la technique des gouaches découpées.

 
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