Logo pour impression
Autres vues :
Auvergne
Seconde moitié du XIIe siècle
Bois de charme polychrome et appliques de métal
H. 71 ; 1. 31 ; P. 30 cm
Acquis en 1934
Inv. B 1751
 
Moyen-Age
Vierge de majesté

La représentation de la Vierge évolua en Occident, tout au long du Moyen-Age, suivant l'évolution de la foi. Marie est ici assise sur un trône à arcades, image de la Jérusalem céleste. Les drapés fins de la robe, ceux plus amples dessinant de larges courbes sur les bras et l'avant du buste, sont d'une calligraphie extrêmement soignée. Les corps et le siège conservent encore des restes de la parure d'orfèvrerie qui devait les recouvrir en partie : pourvue de plaques de métal repoussé, doré et enrichi de cabochons enchâssant des pierres précieuses, la statue devait resplendir à la lumière des cierges. Deux cavités placées l'une sur l'avant de la tête, l'autre sur le haut du buste, devaient contenir des reliques.

Au XIIe siècle, l'Auvergne est spécialisée dans ces figures de la Vierge en majesté, assise sur un trône, frontale, tenant l'enfant devant elle. Le hiératisme de la pose, la sévérité des regards et les commissures des lèvres tombantes, donnent à ces statues un aspect impressionnant. A la suite du concile d'Ephèse (431), qui proclame la double nature du Christ, divine et humaine, et affirme que Marie est Vierge et Mère de Dieu (Theotokos), apparaissent dans l'art d'Orient puis d'Occident ces représentations de la Vierge trône de la sagesse (sedes sapientiae), soutien du Christ-Roi. Elle devait être placée au-dessus de l'autel principal, au fond de l'abside , mais aussi portée solennellement lors des processions.