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Acquisitions 2017

Joseph Cornell, Hôtel Andromeda, 1954

Boîte, H : 55 cm, L : 32 cm, P : 27 cm
Acquisition grâce aux mécènes du Cercle Poussin

Les mécènes du Cercle Poussin ont acquis au profit du musée des Beaux-Arts Hôtel Andromeda de Joseph Cornell. Nous faisons ainsi entrer l’artiste américain dans nos collections, après lui avoir consacré en 2013 sa première grande exposition dans un musée français.

Joseph Cornell fait souvent figure d’étoile solitaire dans la constellation surréaliste. Accueilli par les surréalistes comme un des leurs, Cornell ne fut cependant jamais pleinement à l’aise avec cette étiquette, en dépit de l’amitié qui le lia à de nombreux artistes en exil : Salvador Dali, Marcel Duchamp, Max Ernst et Man Ray. Le surréalisme a cependant conforté Cornell dans l’exploration de plusieurs pratiques artistiques dont il a été le pionnier : le collage et ses corollaires, le montage, la construction et l’assemblage.

Hôtel Andromeda se rattache aux dernières années de la création de Cornell. L’œuvre appartient à la série des hôtels, qu’il initie à partir des années 1950 en souvenir des grands établissements européens qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, se voient laissés à l’abandon.

Dans cette série, d’après l’artiste, la boîte se présenterait « comme une image réduite de l’univers ». Fasciné par la mythologie, Cornell se réfère ici — comme le suggère le titre — au mythe d’Andromède qui, enchainée à un rocher battu par les flots, est délivrée par Persée, fils de Zeus, qui les transformera tous deux en constellations.
Mais Cornell s’inspire en réalité d’une autre constellation, celle de l’aurige, dont il emprunte la représentation à un livre de Johannes Hevelius publié en 1690.


Les collections du musée des Beaux-Arts se sont enrichies en 2017 de plusieurs dessins de Fleury Richard et Pierre Révoil relevant du « genre anecdotique » ou « troubadour ». Ceux-ci viennent très opportunément compléter un ensemble de référence et constituent de nouveaux jalons dans la connaissance de l’œuvre de ces deux artistes lyonnais, principaux protagonistes de ce courant qui connut un succès ininterrompu des années 1800 à 1820.

Ainsi, une feuille inédite de Révoil, Clotilde de Surville composant ses Verselets à son premier né, vient illustrer le moment charnière de son travail durant lequel il opte pour l’illustration de sujets empruntés à ce « passé national » désormais cher aux artistes et durant lequel il cherche encore sa manière. Celle-ci est désormais bien établie lorsqu’il compose un portrait du peintre Raphaël, symptomatique du goût du début du 19e siècle pour la représentation de la vie des maîtres du passé.

Enfin, trois dessins témoignent de la grande vogue, à cette période, des albums constitués par des amateurs qui sollicitent les artistes afin de leur fournir des œuvres pour les y rassembler. Richard et Révoil vont tous deux contribuer à cette pratique : une feuille provient ainsi d’un album constitué par Louis Aimé-Martin, écrivain d’origine lyonnaise, et deux de celui de la maréchale Marmont, duchesse de Raguse.

Pierre Révoil (1776-1842) Clotilde de Surville composant ses Verselets à son premier né, vers 1804-1805 Pierre noire, estompe et craie blanche sur papier brun. H. 30 ; L. 24,6 cm Don d’Olivier Scherberich, 2017 Portrait de Raphaël, vers 1810 Plume et encre brune. H. 23,8 ; L. 19 cm Don de la galerie La Nouvelle Athènes, 2017 Diane de Poitiers et Henri II, vers 1827 Crayon graphite, plume, encre noire et lavis gris. H. 24,2 ; L. 19 cm Achat, 2017
Fleury Richard (1777-1852)

Blanche Bazu et Pierre le Long, 1825
Crayon graphite, plume, encre brune, lavis brun et rehauts de gouache blanche. H. 23,5 ; L. 20 cm
Achat, 2017

Voyageurs dépouillées dans une galerie de l’amphithéâtre de Nîmes, 1825
Plume, encre brune, lavis noir, gris et brun et rehauts de gouache blanche. H. 20,5 ; L. 15 cm
Don de Patrice Béghain, 2017


Claudius Lavergne (1815-1887) Autoportrait en sonneur de cor, vers 1835

Huile sur toile. H. 53,5 ; L. 64,5 cm
Achat avec le concours de l’État et de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Fonds régional d’acquisition des musées (FRAM), 2017

Formé dans l’atelier de Jean Auguste Dominique Ingres, le Lyonnais Claudius Lavergne ne connaît qu’une carrière de peintre assez brève avant de se consacrer principalement à la production de vitraux, pour laquelle il obtient un grand succès. Cet autoportrait est l’un de ses premiers tableaux connus. Il vient alors tout juste d’achever sa formation et accompagne ses camarades Louis Janmot et Jean-Baptiste Frénet lors d’un voyage en Italie.

L’artiste se met ici en scène en sonneur de cor, revêtu d’un costume qui évoque la Renaissance, composé de chausses rouges, d’une chemise blanche, d’un pourpoint noir et d’un béret. La composition s’impose par son atmosphère poétique et revêt une aura mystérieuse quant à sa symbolique, d’autant plus qu’un double de l’artiste lui répond en sonnant du cor sur une barque située à l’autre extrémité du plan d’eau ou de la rivière. La silhouette d’un château médiéval domine le paysage, complétant une image qui joue de références à l’art du passé.