Restauration d'œuvre
La restauration d'une cuve de cercueil égyptien
En janvier et février 2009, une cuve de cercueil égyptien (le couvercle a disparu), déposée au musée des Beaux-Arts avec les quelque 2650 objets de la collection de l'Institut d'égyptologie Victor-Loret Université Lyon 2, a été restaurée afin de consolider des zones endommagées et fragilisées.
L'aspect technique
La cuve est constituée de plusieurs planches de bois (probablement de ficus : acacia ou figuier sycomore) assemblées par des chevilles. Elle mesure 180 cm de longueur, 52,5 cm de largeur au niveau des épaules et 15 cm de profondeur. Les lacunes et défauts du bois ont été comblés, dans l'antiquité, par un produit de bouchage. Puis la face extérieure fut couverte d'une toile de lin et d'un enduit très fin présentant un aspect lisse et uniforme destiné à recevoir le décor peint ; la face interne est simplement recouverte d'un enduit blanc.
Les couleurs sont issues de pigments naturels, craie ou gypse pour le blanc, oxyde de fer ou de cuivre pour le rouge, azurite pour le bleu, ocre ou orpiment pour le jaune, que l'on mélangeait à un liant du type blanc d'œuf ou gomme arabique.
Au moment de la fermeture du cercueil, la cuve et le couvercle étaient assemblés par un système de tenons et mortaises maintenus au moyen de chevilles.
Intervention réalisée par Laure de Guiran, restauratrice agréée par les Musées de France.
L'image ci-contre nous montre l'étape de consolidation de la couche picturale.
L'injection de résine cellulosique est destinée à refixer les éclats et soulèvements, sans modification de l'aspect et de la couleur. Cette étape de consolidation de la couche peinte est indispensable à toute intervention ultérieure.
Le gommage à l'aide d'une éponge non abrasive permet de nettoyer les polychromies mates. L'opération enlève progressivement la couche superficielle de poussière et de crasse qui recouvre la couche peinte d'origine.
Les lacunes du bois, gênantes pour la structure de l'objet ou pour sa lecture, sont comblées avec un produit composé de colle et de poudre de bois...
Le décor
La cuve adopte la forme du corps humain (anthropoïde). Son décor est typique de la période des 24e et 25e dynasties (vers 725-664 avant J.-C.) .
L'extérieur est orné sur fond blanc, en haut, de l'arrière d'une perruque à motif rayé, semblable à celle du masque plastron que la momie avait reçu lors de la mise en bière.
Dans l'axe du dos, un haut pilier- djed historié symbolise la colonne vertébrale d'Osiris, dieu du royaume des morts ( djed signifie en égyptien "stabilité, durée") qui en se redressant va entraîner le défunt vers sa nouvelle vie dans l'au-delà.
Le pilier- djed , image d'Osiris, est surmonté de la couronne traditionnelle du dieu, la couronne- atef composée de deux plumes enserrant un disque solaire, posé sur des cornes de bélier pourvus deux urei (serpents) coiffés d'une couronne blanche.
De part et d'autre du pilier, des motifs peints en symétrie participent à la protection du défunt : un serpent muni d'une barbe postiche et coiffé d'un disque solaire, une fleur de lotus épanouie surmontée de deux rémiges et sept signes hiéroglyphiques.
En attendant une nouvelle présentation de la vitrine des sarcophages de la salle "La vie au-delà de la mort", la cuve de cercueil a regagné les réserves du musée.