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Jacques Stella, peintre du roi

"Autoportrait"
"Autoportrait"|© Musée des Beaux-Arts de Lyon
Fils du peintre François Stella, Jacques Stella (1596-1657) fut vraisemblablement formé à Lyon, sa ville natale. Vers 1619, il part étudier en Italie et connaît ses premiers succès à Florence, en 1621, en tant que graveur dans l'orbite de Jacques Callot : il en gardera un goût durable pour l'illustration de la vie populaire.
C'est dans la Rome effervescente d'Urbain VIII, où il côtoie le Bernin, Poussin et Vouet, que Stella s'impose comme peintre. Ses petits tableaux peints sur pierre semi-précieuse le font rechercher des plus grands amateurs.
Rentré en France en 1634, Stella s'arrête à Lyon où il peint L'Adoration des anges. Sur le point de partir pour la cour d'Espagne, il est retenu à Paris par Richelieu qui le nomme peintre du Roi, avec pension et logement au Louvre. Son maintien en France, entre le rappel de Vouet (1627) et celui de Poussin (1640), montre la volonté politique du cardinal de donner à Paris une importance artistique majeure.
La peinture connaît alors un moment d'équilibre exceptionnel, que l'on a qualifié d'"atticisme" : avec Champaigne, La Hyre ou Le Sueur, Stella invente ce langage raffiné, noble et serein, qui est le style de la régence d'Anne d'Autriche.
Ami de Poussin, dont il possède plusieurs tableaux, Stella ne se borne pas à l'imiter : lorsqu'il se mesure aux mêmes entreprises que son grand aîné (tableaux d'histoire, séries), c'est en conservant toujours sa manière propre.
On découvrira aussi combien ce peintre au style élevé est sensible au monde rural : ses séries (Pastorales, Saisons, etc.) le rattachent franchement aux "peintres de la réalité".
Enfin, à travers l'exemple de sa nièce Claudine Bouzonnet Stella, qui grava et publia ses œuvres, c'est toute une entreprise familiale qui se profile, assurant la diffusion d'une création singulièrement attachante et diverse.

"Vieille femme lisant près d'un homme endormi"
"Vieille femme lisant près d'un homme endormi"|© Oxford, Ashmolean Museum

Oeuvres choisies

Un vieil homme endormi...

Ce dessin évoque le travail "d'après nature" mené par Stella tout au long de sa carrière, en marge de sa recherche en peinture et pour la gravure. Fidèle à sa pratique de croquis lorsqu'il était à Florence au début de sa carrière, Stella esquisse de petites scénettes du quotidien, travaillant avec le lavis d'encre les rapports d'ombre et de lumière.
D'une grande qualité plastique, ce dessin a été réattribué à Stella même si son encadrement garde encore la trace de son ancienne attribution. On reconnaît dans la figure de la vielle femme, Claudine de Masso, mère de l'artiste.


"Le Repos pendant la Fuite en Egypte"
"Le Repos pendant la Fuite en Egypte"|© Madrid, Museo del Prado
Le Repos pendant la Fuite en Egypte, ou La Sainte Famille à la grappe
Pour échapper au massacre des enfants de Bethléem ordonné par Hérode, Joseph, Marie et l'enfant Jésus partent pour l'Egypte. Stella choisit de représenter ici le repos des voyageurs, décrit dans les Évangiles apocryphes.
Il peint une scène paisible de bonheur familial, bien loin du drame. Mais ne peut-on voir dans la présence des angelots une allusion aux innocents tués à Bethléem ? De même, la grappe tendue par Joseph à l'Enfant préfigure sans doute le sang qu'il versera sur la croix.