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Quatre présentations satellites



1/ Entre deux-mondes : l'Exposition internationale de 1914

Cette présentation évoque l'Exposition internationale urbaine organisée par la Ville de Lyon en 1914. En ce début du 20e siècle, cet événement est le reflet d'un monde occidental qui croit au progrès scientifique, technique et à celui de la civilisation.

Au coeur de l'exposition, la section réservée aux beaux-arts est tout à fait innovante dans le choix des oeuvres présentées au public lyonnais. Y figurent les oeuvres d'artistes internationaux souvent peu connus encore du grand public : Pablo Picasso, Henri Matisse, Georges Rouault, Paul Sérusier, Diego Rivera, … À leurs côtés, les peintures des Lyonnais Eugène Brouillard, Pierre Combet-Descombes, Pierre Bépi-Martin, Adrien Bas… annoncent les nouvelles tendances de l'art à Lyon, au début du nouveau siècle. Présentée dans la grande halle conçue par l'architecte Tony Garnier, la visite de l'Exposition permettait de découvrir cette ambitieuse construction métallique tout juste achevée, signe d'une nouvelle ère urbaine. Installée dans le quartier de La Mouche (Gerland), elle était destinée à abriter les abattoirs de la ville. Août 1914. Ouverte depuis quelques semaines, l'Exposition est interrompue : la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France fait basculer l'Europe dans un long conflit meurtrier.


2/ Le Salon des Fleurs


Dès 1811, une salle est consacrée au musée de Lyon à la peinture florale. Agencé dans l'esprit des demeures aristocratiques, le Salon des Fleurs rassemble à partir de 1815 des oeuvres maîtresses de la grande tradition de la peinture de fleur ainsi que celles des nouveaux peintres formés à l'école des Beaux-Arts.


Le portrait sculpté d'Antoine Berjon au centre de la salle rappelle le rôle essentiel qu'a joué cet artiste dans le développement de la peinture de fleurs à Lyon, comme en témoignent ses oeuvres présentées sur le mur ouest aux côtés d'autres peintures lyonnaises du 19e siècle. Sur le mur sud, les réalisations des Hollandais du 17e siècle Jan Davidsz de Heem et Abraham Mignon rappellent le raffinement de cet art du détail et du symbole. Face à elles, sont réunis des tableaux réalisés par des Flamands aux 18e et 19e siècles dans un esprit plus décoratif. A l'est, c'est la tradition française du 17e siècle qui est évoquée, à travers plusieurs oeuvres de Jean-Baptiste Monnoyer. Si ces différentes générations perpétuent un même modèle – bouquets composés, tables de marbre, souci du détail jusqu'à l'illusion –, chacune apporte sa note particulière.


3/ Le Poème de l'âme de Louis Janmot

Le Poème de l'âme est, en Europe, un des jalons du spiritualisme en peinture. Composé d'un long texte de plusieurs milliers de vers et d'un double cycle de tableaux et de grands dessins, Janmot y exprime ses convictions philosophiques et religieuses.

Le cycle peint raconte le cheminement d'une âme, de son arrivée sur terre jusqu'à l'âge adulte, accompagnée dès l'enfance par une compagne, double féminin. Ensemble, ils traversent les différentes étapes de la vie et les épreuves successives, toujours tendus par le désir de retourner vers le ciel. Les grands dessins qui font suite à ce premier cycle montrent l'homme seul, en proie aux souffrances et aux tentations. Le fil conducteur du Poème de l'âme est très proche de celui de L'Homme de désir écrit par l'illuministe français Saint-Martin à la fin du 18e siècle. Ce courant de pensée semble avoir marqué profondément Janmot. Pour lui, l'homme est un exilé, séparé du Créateur, et qui cherche à réintégrer l'unité primordiale divine. Né à Lyon en 1814, Janmot y fera ses études et une grande partie de sa carrière, après un passage dans l'atelier du peintre Jean Dominique Ingres. Réalisées entre 1835 et 1855, les 18 peintures ont été présentées à l'Exposition universelle de 1855 à Paris sur la recommandation du peintre Eugène Delacroix.







Écoutez un extrait du texte écrit par Louis Janmot "Le Toit paternel"

Écoutez un extrait du texte écrit par Louis Janmot "L'Adieu"

Écoutez un extrait du texte écrit par Louis Janmot "Sans Dieu


4/ Le projet de décor du Panthéon de Paul Chenavard


En 1848, Ledru-Rollin, ministre de l'Intérieur, confie à Paul Chenavard la conception d'un décor pour le Panthéon de Paris (ancienne église Sainte-Geneviève), haut lieu symbolique pour la nouvelle République. L'artiste mène pendant trois ans des recherches passionnées pour ce projet. Mais en 1852, le projet est arrêté lorsque le Panthéon est rendu au culte, après la prise du pouvoir par Napoléon III.


Sont rassemblés dans l'espace 6ter, six dessins préparatoires, cinq des quarante-deux grandes compositions qui retracent l'histoire de l'humanité de la Genèse à la Révolution, et le projet peint de La Palingénésie sociale dans une version de grand format. Cet ensemble permet de mesurer l'ambition intellectuelle du projet : au-delà d'une histoire individuelle ou même nationale, Chenavard rassemble toutes les grandes figures de l'histoire humaine en une grande fresque visuelle. Né à Lyon en 1807, Paul Chenavard s'installe jeune à Paris. Penseur autant que peintre, il est nourri de philosophie, lit et voyage beaucoup, fréquente tous les milieux artistiques et littéraires de son temps. Il est le principal représentant de ce courant que dénonce Baudelaire sous le nom d'Art philosophique.