Logo pour impression

Le Parcours

Introduction

Ici, de jeunes artistes dessinent dans un atelier ; là, ils travaillent en plein air
à l'occasion d'une partie de campagne à l'Île-Barbe : ainsi s'ouvre l'exposition
Le Temps de la peinture, Lyon 1800-1914.




1/ Naissance d'une école


Portraits de groupe, scènes d'atelier, autoportraits, académies : ces oeuvres témoignent de la vitalité de la nouvelle École des Beaux-Arts qui ouvre en 1807.




L'école, d'hier à aujourd'hui

1756 : ouverture d'une école gratuite de dessin.

1780 : création de l'École royale académique de dessin.

1795 : ouverture de l'École de la fleur. 1807 : la nouvelle École impériale des Beaux-Arts de Lyon, créée en 1805, s'installe au Palais Saint-Pierre, place des Terreaux.

1936 : l'École nationale des Beaux-Arts déménage cours des Chartreux (aujourd'hui boulevard de la Croix-Rousse, Lyon 1er).

1960 : inauguration de la nouvelle École réalisée par l'architecte Paul Bellemain, rue Neyret (Lyon 1er).

2007 : l'École s'installe aux Subsistances, quai de Saône (Lyon 1er).



2/ Un passé retrouvé


En renouant avec le Moyen Âge, les artistes lyonnais ouvrent de nouvelles perspectives et participent à l'invention d'une peinture d'histoire qui donne au sentiment une place inédite.



3/ Le sentiment du quotidien


Formés par Fleury Richard et Pierre Révoil, la première génération des artistes sortis de l'École des Beaux-Arts s'échappent des thèmes médiévaux, imposant de nouveaux sujets inspirés de l'actualité ou du quotidien. Leur recherche est placée sous le signe des maîtres hollandais et de Greuze.

Écoutez l'extrait sonore : : Texte d'Auguste Jal en 1824.


4/ La fleur : du motif au tableau


À l'origine, la peinture florale à Lyon est étroitement liée à l'industrie manufacturière des étoffes de soie. Mais par-delà l'impératif commercial, la fleur devient au fil du siècle un véritable enjeu artistique, de plus en plus autonome, délié de son origine marchande.

Écoutez l'extrait sonore : : Texte de M. Kauffmann en 1846. 

La Fabrique

Après la Révolution française et jusqu'aux années 1880, la Fabrique de soierie redevient à Lyon le noyau central de la richesse et du dynamisme de la ville. Au début du 19e siècle, le renouveau commercial et le redressement de la Fabrique sont encouragés par Napoléon et favorisés par les innovations techniques comme le métier à tisser de Jacquard. Contrairement à une manufacture, quicentralise la production (usine), la Fabrique fait appel à de nombreux corps de métiers indépendants répartis dans la ville et lesalentours (ateliers). Pour la conception des motifs qui seront ensuite tissés par les “canuts”, la Fabrique a recours à des dessinateurs capables de créer de nouveaux modèles.



5/ Pour un renouveau spirituel


Après la Révolution, le 19e siècle est marqué par un profond mouvement spirituel et la volonté des Églises chrétiennes de restaurer leur influence. Au début du siècle, la reconstruction religieuse du diocèse de Lyon s'engage dans une ère de foisonnement philosophique et d'idéalisme mystique.




“Ma manière d'envisager les arts est un appel à toutes les intelligences ; et de même qu'il est nécessaire de se faire comprendre et d'attirer la foule, de même il est nécessaire de satisfaire et même de développer s'il se peut les intelligences les plus élevées […]. Dans la chaire, la parole met l'homme au-dessus de l'homme : il fait prédominer chez lui la partie divine, le lien qui le rattache au Créateur ; l'image est la prédication permanente, la prédication qui entre par l'oeil au lieu d'entrer par l'intelligence et qui, si elle est d'abord moins vive, a l'avantage d'être perpétuelle.” Victor Orsel



6/ Un art philosophique


Pour le poète et critique Charles Baudelaire, les peintres lyonnais auraient sacrifié le “charme propre de la peinture” pour réaliser, dans leurs tableaux, des hiéroglyphes indéchiffrables.


Le débat esthétique
Dans un de ses essais critiques, Charles Baudelaire écrit : “…Qu'est-ce que l'art philosophique suivant la conception de Chenavard et de l'école allemande ? C'est un art plastique qui a la prétention de remplacer le livre, c'est-à-dire de rivaliser avec l'imprimerie pour enseigner l'histoire, la morale et la philosophie”. Cette prise de position illustre les débats qui animent les milieux artistiques au 19e siècle, entre les défenseurs d'un art plastique autonome et ceux qui prônent une peinture capable de contribuer à l'éducation morale.



7/ L'histoire au présent


Recherches d'atelier pour évoquer une histoire médiévale fantasmée, esquisses réalisées face aux horreurs de certains événements contemporains, ces oeuvres témoignent de conceptions différentes de l'histoire en peinture.


“[…] j'ai été avec Meissonier chez lui, voir son dessin de la Barricade. C'est horrible de vérité, et quoi qu'on ne puisse dire que ce ne puisse être exact, peut-être manque-t-il le je ne sais quoi qui fait un objet d'art d'un objet odieux.”
Eugène Delacroix, Journal, 5 mars 1849



8/ Le paysage : de l'atelier au plein air


Plusieurs générations de peintres sont ici rassemblées. Paysages minutieux réalisés en atelier, peintures de petit format exécutées sur le motif : les recherches des Lyonnais face à la nature permettent de découvrir les facettes d'un “pays” patiemment observé.


9/ Vers la modernité


Au terme de ce cheminement à travers l'histoire de la peinture à Lyon au 19e siècle, il est essentiel de rendre ici hommage à celui qui a ouvert une voie de la modernité en art, influençant durablement de nouvelles générations d'artistes.

Écoutez l'extrait sonore : Texte d'Émile Zola en 1875-76.


Le projet de l'escalier du musée
En 1883, Pierre Puvis de Chavannes se voit confier par la ville de Lyon le décor du nouvel escalier du musée. En concertation avec ses commanditaires, Puvis déroule, en trois vastes compositions peintes sur toile, le cycle de la double origine de l'art, soit la forme (Vision antique) et le sentiment (Inspiration chrétienne). Au centre, Le Bois sacré cher aux Arts et aux Muses symbolise le musée, lieu d'une possible rencontre avec les muses qui représentent les différents arts. Une quatrième composition mettant en scène les allégories de la Saône et du Rhône évoque les qualités artistiques de la Force et de la Grâce. Elle encadre la porte qui conduisait, à l'époque, à la salle des artistes lyonnais.