Acquisitions 2019

Fleury Richard, Les Adieux du chevalier
Fleury Richard,
Les Adieux du chevalier, 1825.
Image © Lyon MBA - Photo Martial Couderette
Contenu
Fleury Richard,
Les Adieux du chevalier, 1825.
Image © Lyon MBA - Photo Martial Couderette

Fleury Richard (1777-1852), Les Adieux du chevalier, 1825

Plume, encre brune, lavis brun et rehauts de gouache blanche sur papier, H. 19,8 cm ; L. 15,7 cm. Don d’Olivier Scherberich en 2019

Ce dessin provient d’un album amicorum constitué par l’écrivain Louis Aimé-Martin, contenant de nombreuses œuvres commandées à des artistes lyonnais, obtenues grâce à l’entremise d’Alexandre Humbert Chatelain. Une étude préparatoire, conservée par le musée dans le fonds d’atelier de Richard, montre une étude précise, à la pierre noire, de l’architecture : une salle voûtée d’arêtes, d’époque gothique, ouvrant sur l’extérieur, par-dessus laquelle l’artiste a simplement esquissé à la craie blanche les deux figures. Le dessin offre ici une forme plus aboutie, enrichie de nombreux détails. Le sujet n’est pas précisément identifié : il se peut que l’auteur ne se réfère pas à une scène précise mais propose une scène de genre des temps anciens, au caractère pittoresque. Cette œuvre, par sa mise en scène et son aspect sentimental, revêt ainsi toutes les caractéristiques du « genre anecdotique », ou « troubadour », dont Richard a été l’initiateur et dont la vogue se poursuit auprès des amateurs.

 

Louis Janmot (1814-1892), Le Passage des âmes, 1838-1844

Pierre noire, fusain, estompe et craie blanche sur papier, H. 105 cm ; L. 131 cm. Achat avec le concours de l’État et de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Fonds régional d’acquisition des musées (FRAM) en 2019

Ce grand dessin est le carton préparatoire au deuxième tableau du premier cycle du Poème de l’âme, projet central de la carrière de l’artiste lyonnais Louis Janmot. Au centre figure l’ange gardien, qui porte l’enfant appelé à la vie vers le monde terrestre. Durant son parcours, il rencontre les âmes sauvées à l’issue du jugement, représentées sur la partie gauche dans leur ascension vers le ciel, chacune conduite par son ange protecteur. De l’autre côté, les damnés sont précipités vers les enfers. Un groupe de figures réunit les allégories des vices : l’orgueil, la paresse, la colère, la luxure, la gourmandise, l’avarice et l’envie. En bas à droite, Prométhée est attaché à un rocher, son foie dévoré par un vautour, puni pour avoir donné le feu aux hommes.

Borel, Étude de femme couronnée en buste, tenant une couronne, deux études de main ; Etude pour le décor de la basilique d'Ars
Paul Borel,
Étude de femme couronnée en buste, tenant une couronne, deux études de main ; Étude pour le décor de la basilique d'Ars, sans date.
Image © Lyon MBA - Photo Alain Basset

Cette œuvre est caractéristique de l’importance du dessin dans le travail de Janmot. Elle fait également état de sa grande culture artistique, mêlant des références au Quattrocento florentin, au plafond de Michel-Ange à la chapelle Sixtine, et peut-être à certaines réalisations allemandes contemporaines. L’artiste fait aussi écho aux écrits récents de Félicité de Lamennais ou d’Edgar Quinet. Cet achat important vient rejoindre les deux cycles, peint et dessiné, du Poème de l’âme, dans les collections du musée, ainsi qu’un ensemble de dessins préparatoires qui ne cesse de s’enrichir, permettant de mieux comprendre le processus créateur de cette œuvre très atypique.

 

Paul Borel (1828-1913), Ensemble de 516 dessins

Don de l’Association Hospitalière Saint-Luc Saint-Joseph, sous la présidence de M. Alain de Boissieu, suivant la proposition et par l’intermédiaire de la galerie Michel Descours, en 2019

Le peintre lyonnais Paul Borel compte au nombre des grands artisans du décor religieux en France durant la seconde moitié du XIXe siècle. Formé brièvement auprès de Louis Janmot, il ne se consacre que très peu à des tableaux de chevalet, optant de préférence pour l’art mural, le plus à même selon lui de traduire sa foi catholique. Sa carrière connaît un tournant avec deux réalisations majeures qui l’occupent plusieurs décennies durant : le décor de la chapelle du collège Saint-Thomas d’Aquin à Oullins (1861-1888), ainsi que celui de la basilique Sainte-Philomène à Ars-sur-Formans (de 1858 à 1910). À son décès, Paul Borel avait choisi d’instituer comme légataire de son fonds d’atelier l’Hôpital Saint-Luc de Lyon, dont il avait été l’un des fondateurs et des administrateurs. C’est ainsi un ensemble de plusieurs centaines de dessins, très majoritairement des études préparatoires pour ses différents décors, qui était encore conservé par le Centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc, héritier actuel de cette structure initiale. Afin d’en assurer la conservation et la valorisation, l’association a souhaité confier l’ensemble de ce fonds, qui constitue une documentation précieuse du travail de l’artiste, au musée des Beaux-Arts de Lyon.