Découvrez le décor d’Hippolyte Flandrin à l’église Saint-Germain-des-Prés

visite virtuelle église de saint Germain des près
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Vue intérieure de l’église Saint-Germain-des-Prés
© Ville de Paris, COARC / Claire Pignol
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En prélude à l’exposition consacrée à Hippolyte Flandrin et ses deux frères, qui se tiendra au musée des Beaux-Arts de Lyon au printemps 2021, nous vous invitons à découvrir l’une des réalisations majeures de l’artiste : le décor de l’église Saint-Germain-des-Prés, à Paris, récemment restauré.

 

 

Le lieu

L’église Saint-Germain-des-Prés, située au cœur de Paris, est un édifice à l’histoire prestigieuse. Elle est l’héritière d’une abbaye royale, fondée au milieu du VIe siècle par le roi Childebert Ier et par saint Germain, évêque de Paris. Construite entre le Xe et le XIIe siècle, elle associe architecture romane, dans la nef, et gothique, dans le chœur.

Après la Révolution, l’église est endommagée et nécessite des travaux, confiés par la préfecture du département de la Seine à l’architecte Victor Baltard. La réalisation d’un décor peint est engagée : Hippolyte Flandrin est d’abord sollicité pour orner les murs du sanctuaire, de part et d’autre de l’autel (1842-1846). Le succès de cette première phase se poursuit par le décor du chœur (1846-1848), puis le chantier de la nef est lancé (1856-1863).

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L’artiste décède avant d’avoir pu travailler au décor du transept ; le chantier est alors attribué au peintre Sébastien Cornu, lui aussi lyonnais, pour le bras nord. Le bras sud n’accueillera cependant aucun décor, suite à la double disparition de cet artiste, puis de son successeur, Alexandre Hesse.

 

L’auteur

Originaire de Lyon, Hippolyte Flandrin (1809-1864) occupe une place majeure sur la scène artistique du XIXe siècle. Élève préféré de Jean Auguste Dominique Ingres, il est très vite distingué pour ses tableaux d’histoire, ainsi que pour ses portraits ; il devient, dans ce genre pictural, l’un des maîtres les plus recherchés de son temps. Le décor monumental s’impose comme l’une de ses spécialités et lui vaut une grande renommée auprès de ses contemporains.

Le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve, dans ses collections, un ensemble de près de deux cents œuvres d’Hippolyte Flandrin et ses frères, qui constitue une référence pour l’étude de son travail.

>> En savoir plus sur l’œuvre d’Hippolyte Flandrin

 

Le processus de création

Hippolyte Flandrin prépare ses compositions à l’aide de nombreux dessins. Il étudie chaque figure isolément, chaque attitude, chaque geste, s’inscrivant dans la tradition de l’enseignement classique reçu de son maître Jean Auguste Dominique Ingres. Plus de trois cents études en lien avec ce décor ont pu être répertoriées.

Lorsque l’artiste est satisfait de ses personnages, il les reporte, par l’usage d’un calque, sur une étude d’ensemble. Celle-ci est ensuite peinte et lui permet de disposer d’une vision complète de l’œuvre à venir : il s’agit d’un modello. Il prend avec lui la totalité de ces travaux lorsqu’il monte sur l’échafaudage, pour commencer le report de la composition sur le mur, s’aidant parfois d’une mise au carreau.

Le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve dans ses collections trente-et-un dessins et cinq esquisses peintes préparatoires pour ce décor.

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église vue de l'extérieur
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Vue extérieure de l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris
© DXR - Creative Commons

 

 

 

visite virtuelle église de saint Germain des près
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Vue intérieure de l’église Saint-Germain-des-Prés
© Ville de Paris, COARC / Claire Pignol

 

autoportrait au chevalet, Flandrin
Hippolyte Flandrin,
Autoportrait au chevalet, vers 1860
Image © Lyon MBA - Photo Alain Basset
Contenu

>> Découvrir l’exemple d’une séquence d’études pour l’une des compositions
>> En savoir plus sur les études conservées dans les musées du réseau FRAME (FRench American Museum Exchange)
>>  En savoir plus sur un travail réalisé en équipe
>> En savoir plus sur la technique utilisée pour le décor
>> En savoir plus sur le contexte et les sources stylistiques du décor

La restauration des décors de Saint-Germain-des-Prés

Les décors de Saint-Germain-des-Prés ont fait l’objet d’un important chantier de restauration, conduit entre 2016 et 2020 par la Ville de Paris. Cette opération a bénéficié de la participation décisive du mécénat du Fonds de dotation pour le rayonnement de l’église Saint-Germain-des-Prés. La renommée de cette église, parmi les plus visitées de Paris, a suscité des dons du monde entier pour soutenir ce chantier.

>> En savoir plus sur le chantier de restauration

 

Une numérisation des décors

La numérisation complète des décors de l’église Saint-Germain-des-Prés a été assurée, à la demande du musée des Beaux-Arts de Lyon et de la Conservation des œuvres d’art religieuses et civiles (COARC) de la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris, par la société Iconem.

Activement engagée dans la protection du patrimoine culturel en danger, Iconem travaille à des programmes commandés ou soutenus par l’UNESCO, ainsi que par d’autres organisations internationales, des gouvernements ou des musées majeurs. Ses projets précédents l’ont amenée à intervenir en Syrie et en Irak, notamment sur les sites de Palmyre et Alep, ainsi qu’à Angkor, Délos, Pompéi ou au Mont-Saint-Michel. Ses réalisations ont été récemment présentées lors de deux expositions à Paris qui ont rencontré un grand succès, au Grand Palais en 2017, puis à l’Institut du monde arabe en 2019.

Des prises de vues ont été réalisées par photogrammétrie, à l’aide d’un drone, afin d’effectuer une numérisation de l’intérieur de l’église Saint-Germain-des-Prés et des décors dans leurs moindres détails. Cette opération a permis de créer une réplique digitale en trois dimensions, qui est à l’origine de la vidéo ci-dessus. Celle-ci donnera naissance à une spectaculaire projection immersive permettant de découvrir au plus près les décors d’Hippolyte Flandrin, au cœur de l’exposition consacrée à l’artiste et ses frères, organisée par le musée des Beaux-Arts de Lyon. Pensée comme un outil de médiation, celle-ci délivrera, au-delà de la simple visite virtuelle, des clés pour la lecture et l’interprétation des décors. Une section spécifique de cette exposition sera en effet dédiée aux décorations murales, bénéficiant d’un focus particulier sur Saint-Germain-des-Prés, mettant ainsi en regard leur numérisation et les études préparatoires.


Ce projet bénéficie du généreux soutien de FRench American Museum Exchange (FRAME), réseau dont le musée des Beaux-Arts de Lyon est membre, dans le cadre d’un programme de subvention d’urgence aux musées initié à l'occasion de la crise Covid-19.

 
Dossier préparé par Stéphanie Dermoncourt, Elena Marchetti, Véronique Moreno-Lourtau, Sophie Onimus-Carrias et Stéphane Paccoud, avec le concours de Louise Delbarre, Sophie Picot-Bocquillon, Émilie Checroun, et des musées partenaires du réseau FRAME. Captation, création du modèle et réalisation de la vidéo : Iconem.